L’appel à projets "Gouverner et
administrer" témoigne de ce que les modes de gouvernement et
d’administration publics sont aujourd’hui fortement questionnés. Les causes
de la moindre capacité des Etats à réguler l’économie et garantir la
cohésion sociale et territoriale sont souvent identifiées. Sont ainsi
mentionnés la place croissante des mécanismes de marché dans la coordination
entre les acteurs, l’« européanisation » de leviers d’action autrefois
monopolisés par les Etats et, enfin, l’émergence de nombreuses variantes
d’un mode de gouvernement territorial au sein duquel les Etats ne seraient
plus maîtres du jeu.
Or, s’il y a consensus sur le
constat de ces recompositions de la régulation et de la redistribution
publiques, il semble difficile d’élaborer un modèle explicatif à portée
générale susceptible de rendre compte de ces recompositions tant ces
dernières sont variables selon l’échelle de gouvernement ou selon la
politique publique concernée. Au sein de ce paysage, l’intercommunalité fait
figure de niveau de gouvernement flou dont les enjeux, l’évolution et les
effets sont largement méconnus, alors même, et c’est bien l’hypothèse
centrale de ce projet, que son développement peut éclairer, surtout dans les
métropoles, de nouvelles formes de processus coopératifs négociés au service
de la solidarité territoriale.